Spread de crédit : différence entre OAS et spread simple.

découvrez la différence entre le spread de crédit simple et l'oas (option adjusted spread), deux indicateurs essentiels pour évaluer le risque et la performance des obligations.

Dans le monde de l’investissement obligataire, le spread de crédit constitue un indicateur fondamental mais souvent mal compris, notamment lorsqu’il s’agit de différencier des concepts proches comme l’OAS et le spread simple. Ces notions clés traduisent la perception du marché vis-à-vis du risque de crédit associé à un emprunteur, et influencent directement la valorisation et la dynamique des obligations. Pourtant, leur distinction reste floue pour de nombreux investisseurs, alors même qu’elle joue un rôle crucial dans leur analyse de crédit et la gestion du portefeuille.

Au-delà de leur définition technique, l’OAS et le spread simple révèlent différentes facettes du prix du risque, dépendant à la fois de la structure de la courbe des taux et des options attachées aux titres. Comprendre ces différences permet de mieux appréhender les mécanismes des marchés obligataires et d’optimiser l’interprétation des fluctuations de spreads dans des contextes économiques variés.

Ce dossier vous guide à travers les définitions, mécanismes, avantages et limites de ces deux indicateurs, tout en explorant les erreurs fréquentes des investisseurs et leurs implications selon le profil d’investissement, du passif au plus actif, en passant par l’impact spécifique sur les structures fiscales telles que le PEA.

Qu’est-ce qu’un spread de crédit ? Comprendre la notion de spread simple

Le spread de crédit correspond à la différence de rendement entre une obligation émise par une entreprise ou une collectivité territoriale et un titre de référence considéré sans risque, généralement une obligation d’État ayant des flux financiers similaires. En France, ce concept est formalisé sous le nom d’« écart de crédit » depuis l’arrêté du 7 juillet 1994.

Le spread simple est précisément cet écart observé entre le taux actuariel de l’obligation d’entreprise et le taux d’un emprunt d’État à durée voisine. Par exemple, si une obligation d’une société présente un rendement de 5 % et qu’un emprunt d’État comparable intimide un taux de 2 %, le spread simple s’élève à 3 %. Ce surplus traduit l’évaluation du marché du risque de défaut spécifique à l’émetteur, additionné d’une prime de liquidité liée au coût potentiel de négociation.

Cependant, cette méthode présente plusieurs confusions, notamment celle de considérer uniquement un point de la courbe des taux alors que les obligations génèrent des flux multiples à différents horizons. De plus, le spread simple ne reflète pas toujours l’impact des options incorporées comme les clauses de remboursement anticipé.

Les mécanismes fondamentaux : décryptage de l’OAS et du spread simple

L’OAS expliqué : ajustement pour les options et courbe des taux

L’Option Adjusted Spread (OAS) affine la mesure du spread de crédit en ajustant l’écart pour les options présentes dans les obligations qui peuvent influencer leurs flux, comme les appels anticipés. Cette méthode consiste à décaler uniformément la courbe des taux zéro-coupon des emprunts d’État pour actualiser les flux futurs de l’obligation, puis à calculer l’écart constant qui reproduit le prix observé sur le marché.

A lire également :  Convertible bonds : comment elles diluent sans faire “peur” au marché.

Son principal atout réside dans la capacité à isoler la prime de risque pure en excluant la valeur implicite des options, ce que ne fait pas le spread simple. Ainsi, l’OAS évite les biais liés aux options et procure une vision plus précise du rendement supplémentaire effectivement imputable au risque de crédit.

Effets sur le prix, le risque et la performance

  • Prix : L’OAS reflète un prix plus juste de l’obligation, intégrant la flexibilité optionnelle, ce qui aide à détecter les surévaluations ou sous-évaluations.
  • Risque : Une analyse par OAS précise mieux le risque réel pris par l’investisseur, particulièrement dans des contextes où les options se dégagent de la dynamique du crédit.
  • Performance : En incluant l’effet des options, l’OAS permet d’anticiper les variations de rendement plus finement, aidant à calibrer la sensibilité du portefeuille aux variations de marchés.

Comparaison avec le spread simple : ordres de grandeur

Typiquement, l’OAS se trouve proche du spread simple lorsque l’obligation est « plain vanilla », c’est-à-dire sans option. En revanche, pour des obligations à option, l’OAS corrige souvent à la baisse un spread simple qui pourrait gonfler artificiellement le risque apparent. Par exemple, dans les cas de remboursement anticipé, le spread simple ne tient pas compte du gain potentiel pour l’émetteur, ce que réalise l’OAS.

Points forts et limites des spreads OAS et simple

Avantages objectifs

  • Spread simple : simplicité et rapidité de calcul, utile pour une première appréhension du risque.
  • OAS : meilleure précision dans la prise en compte des options, ajustement à la courbe zéro-coupon, reflète le vrai coût du risque crédit.

Limites et biais méconnus

  • Le spread simple peut surestimer le risque de crédit si des options sont présentes.
  • L’OAS demande des modèles numériques complexes et des hypothèses, introduisant des risques de modélisation.
  • Les deux mesures dépendent fortement de la qualité des données sur la courbe des taux et le marché.

Situations où ces mesures échouent

Lors de marchés très volatiles ou en cas de défaut avéré, la modélisation de l’OAS peut perdre en fiabilité. De plus, sur des obligations atypiques avec structures complexes, ni l’OAS ni le spread simple ne suffisent toujours pour une appréciation complète.

Erreurs récurrentes des investisseurs face aux spreads de crédit

  • Confondre spread simple et OAS : mener une analyse de crédit sans ajuster pour les options peut fausser la perception du risque.
  • Ignorer la qualité des données : s’appuyer sur des courbes incomplètes conduit à des erreurs d’évaluation.
  • Omettre l’impact macroéconomique : ne pas intégrer les cycles économiques et leur influence sur les spreads entraîne des diagnostics erronés.
  • Négliger la prime de liquidité : certains spreads intègrent une composante de coût de négociation peu visible.
  • Approche statique : considérer le spread comme constant alors qu’il évolue rapidement avec le marché, notamment en cas de crise.

Pratique d’analyse du spread de crédit : indicateurs et sources fiables

Pour analyser efficacement le spread de crédit, plusieurs indicateurs méritent d’être observés : spread simple, OAS, taux actuariels comparés, et indices sectoriels ou par notation. Les rapports d’agences de notation, les bases de données des marchés obligataires, ainsi que les informations publiques sur la dette souveraine et les instruments ETF de duration courte apportent une vision précise.

A lire également :  Duration vs convexity : pourquoi la convexité devient cruciale quand les taux bougent.

Des outils de simulation et des modèles financiers permettent de reconstituer les courbes zéro-coupon et de tester différents scénarios, notamment pour calculer ou valider l’OAS et comprendre son impact sur la valorisation d’un portefeuille.

Spread de crédit : différence entre OAS et spread simple

Cette illustration compare visuellement le Spread simple et le OAS (Option Adjusted Spread) sur une obligation fictive, pour mieux comprendre comment ces spreads reflètent le risque de crédit et la prime reçue.

Graphique en barres illustrant le Spread simple en bleu clair et l’OAS en bleu foncé pour une obligation, montrant la prime de risque.

Impact différencié selon le profil d’investisseur

Les investisseurs à long terme privilégient souvent une lecture prudente des spreads, en intégrant l’OAS pour mieux maîtriser les risques liés aux options et optimiser leur horizon. L’investisseur passif, souvent via des ETF, se concentre plutôt sur des indices dont les spreads moyens intègrent ces ajustements sans effort individuel, comme pour les ETF bond ladder.

Les gestionnaires actifs peuvent exploiter la différence entre spread simple et OAS pour détecter des inefficiences ou des opportunités, notamment dans le cadre d’arbitrages sur les marchés de crédit ou via les swaps de crédit (CDS). Enfin, la nature juridique du compte, PEA ou CTO, influence parfois la sélection des obligations, la fiscalité et donc les ajustements dans l’analyse des spreads.

Quelle différence fondamentale entre OAS et spread simple ?

Le spread simple mesure la différence de taux entre une obligation et un emprunt d’État comparable, sans ajustement pour les options. L’OAS prend en compte ces options, offrant une mesure plus précise du vrai coût du risque crédit.

Pourquoi le spread de crédit évolue-t-il avec la conjoncture ?

Les spreads reflètent la perception du marché quant à la probabilité de défaut. En période de récession, la prime de risque augmente, ce qui fait élargir les spreads, inversement en période de croissance.

Peut-on utiliser l’OAS pour toutes les obligations ?

L’OAS est particulièrement utile pour les obligations à options. Pour des titres sans options, le spread simple suffit souvent. Cependant, les obligations avec structures complexes nécessitent parfois des analyses plus avancées.

Comment trouver des données fiables pour le spread de crédit ?

Les données sont disponibles via les agences de notation, les bases marchés obligataires, ainsi que sur des sites spécialisés qui publient les courbes des taux et les spreads, incluant des instruments ETF courts.

Quel impact du spread sur un portefeuille obligataire ?

Le spread influence le prix, le risque et le rendement. Une bonne compréhension aide à évaluer la prime de risque et à gérer la sensibilité du portefeuille aux variations macroéconomiques.

En bref :

  • Le spread de crédit traduit le surplus de rendement exigé face au risque de défaut.
  • Le spread simple mesure cet écart sans ajustement, utile mais parfois approximatif.
  • L’OAS intègre les options pour une analyse plus fine et complète.
  • Ces instruments évoluent avec la conjoncture et les marchés financiers.
  • Une analyse rigoureuse des spreads aide à mieux maîtriser le risque dans un portefeuille obligataire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *