En bref 🔍
- 🧪 Le ratio AA/EPA mesure l’équilibre entre l’acide arachidonique (AA) et l’EPA, deux acides gras qui gouvernent l’inflammation et sa résolution.
- 🫀 Un ratio bas (≈1,5–3) est lié à moins de maladies cardio‑vasculaires et à une meilleure capacité de guérison.
- 🍽️ Mesurer ce marqueur coûte environ 90 € et reste rare en médecine classique, mais accessible via des laboratoires spécialisés.
- 🔧 Il est possible d’agir par l’alimentation, la complémentation en oméga‑3 et des changements de mode de vie.
- 🌍 Ce marqueur s’inscrit aussi dans des enjeux d’environnement et de santé publique : qualité de l’alimentation, pollution et qualité de l’air influencent la balance inflammatoire.
Chapô — La plupart des consultations médicales n’incluent pas le dosage d’un marqueur pourtant central pour notre capacité à guérir : le ratio AA/EPA. Imaginez Clara, 52 ans, sportive, qui reçoit un bilan après une blessure récalcitrante : son cholestérol est dans les normes, mais sa douleur persiste. Le test des acides gras révèle un ratio AA/EPA élevé, signe d’un déséquilibre pro‑inflammatoire que l’on peut corriger. Depuis la découverte, au milieu des années 1990, que l’inflammation nécessite non seulement d’être lancée mais aussi d’être activement « résolue », la recherche a mis au jour que des déséquilibres lipidiques favorisent la chronicité des inflammations et ouvrent la voie aux maladies modernes. En 2025, face à des défis de pollution, de déchets contaminant les sols et l’énergie alimentaire, ce ratio devient un indicateur transversal entre nutrition, écologie et politique de réglementation sanitaire. Comprendre et mesurer ce marqueur, c’est donner à son corps les moyens non seulement de lutter, mais surtout de terminer la bataille en lançant la résolution : un petit geste diagnostique qui peut transformer le pronostic individuel et collectif.
Pourquoi le ratio AA/EPA est un indicateur clé de l’inflammation et de la guérison
Lorsque la peau est coupée ou que l’on contracte une infection, l’organisme déclenche un programme inflammatoire pour nettoyer et réparer. Cette phase d’activation est suivie, dans un organisme sain, d’une phase de résolution active qui arrête l’inflammation et permet la réparation.
Le AA (acide arachidonique) provient majoritairement d’une voie oméga‑6 pro‑inflammatoire, alors que l’EPA (oméga‑3) soutient la génération de médiateurs qui favorisent la résolution. Le ratio entre ces deux molécules, soit AA/EPA, donne une image fonctionnelle : un ratio élevé signale une propension à une inflammation prolongée, et un ratio bas indique une meilleure capacité de résolution. Cette mesure influe directement sur les risques de maladies cardio‑vasculaires, cancer, et troubles neurodégénératifs.
La biochimie simplifiée : activation vs résolution
Dans la cascade des lipides, des enzymes transforment l’acide arachidonique en médiateurs pro‑inflammatoires, tandis que l’EPA et le DHA génèrent des résolvines qui éteignent l’inflammation. Si l’un des deux plateaux penche trop, le mécanisme de résolution ne se déclenche pas efficacement.
Cela explique pourquoi des anti‑inflammatoires puissants peuvent parfois prolonger une inflammation chronique : ils bloquent l’activation mais empêchent également le démarrage naturel de la phase de résolution. Insight : agir sans corriger l’équilibre moléculaire est souvent inefficace à long terme.
Étude comparative (USA vs Japon) : le rôle déterminant du ratio AA/EPA
Une comparaison de populations a mis en lumière un paradoxe apparent : malgré des niveaux de cholestérol et de LDL proches, les taux de mortalité cardio‑vasculaire diffèrent nettement. Le facteur discriminant principal ? Le ratio AA/EPA.
Les données montrent une mortalité cardiovasculaire d’environ 160 décès pour 100 000 aux États‑Unis contre 46 pour 100 000 au Japon, alors que le taux de fumeurs était plus élevé au Japon. Le ratio AA/EPA était ≈11 pour la population américaine et ≈2,5 pour la japonaise — dans la fourchette idéale de 1,5–3. Cela illustre combien l’état inflammatoire peut annuler l’impact d’autres facteurs de risque.
| Indicateur | États‑Unis 🇺🇸 | Japon 🇯🇵 |
|---|---|---|
| Cholestérol total | 218 mg/dL 🧾 | 213 mg/dL 🧾 |
| LDL (mauvais) | 132 mg/dL ⚠️ | 135 mg/dL ⚠️ |
| % fumeurs | 8% 🚬 | 49% 🚬 |
| Taux de décès CV /100k | 160 🫀 | 46 🫀 |
| Ratio AA/EPA | 11 🔥 | 2,5 🌊 |
Le cas montre que la protection contre les risques cardio‑vasculaires peut passer par la maîtrise de l’état inflammatoire, indépendamment de certains traitements classiques. Fin de section — prochaine étape : comment mesurer et agir concrètement.
Que signifie un ratio élevé ou bas ?
- 🔥 Ratio élevé (par ex. >6) : tendance pro‑inflammatoire, risque accru de maladies chroniques et cicatrisation lente.
- ✅ Ratio bas (≈1,5–3) : bonne capacité de résolution, risques diminués pour le cœur et le cerveau.
- ⚖️ Ratio optimal : équilibre entre activation et résolution — condition pour une guérison efficace après blessure ou infection.
Pour illustrer, la personne présentant un ratio élevé voit souvent une persistance des symptômes après une infection ou une lésion : la réparation stagne car la « phase finale » n’a pas été correctement lancée. Fin de section.
Infographie interactive : Comprendre le ratio AA / EPA
Entrez vos valeurs AA et EPA pour calculer le ratio, voir l’interprétation, intervalles usuels, actions recommandées (alimentation, compléments, activité) et trouver des laboratoires proches.
Ratio AA / EPA : —
Entrez des valeurs pour voir l’interprétation et recommandations.
- Intervalles usuels (indicatif) :
- Très bas < 0.5 — Forte proportion d’EPA (surveillance si supplémentation élevée)
- Optimal 0.5 – 2 — Situation souvent équilibrée
- Modéré 2 – 5 — Peut refléter inflammation modérée
- Élevé 5 – 15 — Souvent associé à déséquilibre oméga-6/oméga-3
- Très élevé > 15 — Risque d’inflammation chronique (consulter un professionnel)
Recommandations personnalisées
Alimentation
- – Augmenter les poissons gras (saumon, maquereau, sardines)
- – Réduire huiles riches en oméga-6 (huile de tournesol, de maïs)
- – Ajouter graines de chia, lin, noix (source d’ALA)
Compléments
- – EPA/DHA : souvent 250–2000 mg/j selon objectif (consulter)
- – Choisir formes TG ou esters éthyliques selon tolérance
- – Tenir compte de la dose totale et interactions médicamenteuses
Activité & mode de vie
- – Activité physique régulière (30 min modérée/ jour)
- – Gestion du stress (respiration, sommeil de qualité)
- – Suivi médical pour ajuster interventions
Trouver des laboratoires près de chez vous (optionnel)
Rechercher « laboratoire d’analyses médicales » à proximité (utilise Nominatim OpenStreetMap, simple recherche publique).
Remarque : résultats issus d’une recherche publique (Nominatim). Vérifiez horaires et disponibilité.
Mesurer et corriger son ratio AA/EPA : démarches concrètes
Le test se réalise sur un prélèvement sanguin ciblé (acides gras érythrocytaires ou plasma selon le laboratoire) et coûte environ 90 €. Il est de plus en plus proposé par des cabinets de micronutrition et certains laboratoires. Si vous souhaitez des références de laboratoires, vous pouvez consulter des fiches pratiques comme analyse EPA‑CBDG ou le dossier EPA‑ALSTW pour des exemples de protocoles.
Corriger le ratio implique des mesures alimentaires, la supplémentation adaptée en EPA/DHA, et la réduction des sources d’oméga‑6 inflammatoires. Les actions environnementales et la qualité des aliments — influencées par la pollution, la gestion des déchets et les pratiques agricoles — ont un impact direct sur ce biomarqueur.
Stratégies pratiques pour abaisser le ratio AA/EPA
- 🐟 Augmenter la consommation de poissons gras (saumon, maquereau) ou utiliser des compléments d’huile de poisson de qualité.
- 🌱 Favoriser les aliments riches en oméga‑3 végétaux, réduire les huiles industrielles riches en oméga‑6.
- 💊 Si nécessaire, envisager une complémentation en EPA/DHA sous suivi professionnel (dose et forme adaptées).
- 🚶 Activité physique régulière et gestion du stress : modulaires mais efficaces.
- 🏙️ Prendre en compte la qualité de l’air et l’environnement : zones très polluées altèrent le métabolisme lipidique et la réponse inflammatoire.
Pour des exemples concrets de mise en œuvre et protocoles, voyez des ressources pédagogiques comme fiche EPA‑ALROM et analyse EPA‑ALLPL. Comprendre d’où viennent vos graisses alimentaires reste crucial pour une action durable.
La vidéo ci‑dessus présente la mécanique moléculaire et des pistes alimentaires simples pour rééquilibrer le ratio. Après avoir regardé, la suite logique est de mesurer et d’établir un plan personnalisé.
Cette seconde ressource donne des exemples de protocoles cliniques et retours d’expérience. Elle complète les conseils pratiques et insiste sur le suivi biologique.
Intégrer le ratio AA/EPA dans une approche globale de santé publique et d’écologie
Au‑delà de l’individu, le ratio AA/EPA interroge des politiques publiques : agriculture durable, réglementation sur l’utilisation des pesticides, contrôle de la biodiversité marine pour assurer une offre alimentaire riche en oméga‑3, et réduction de la pollution qui altère les chaînes alimentaires.
Les campagnes de protection de l’environnement, la transition énergétique et des standards de qualité des aliments influent directement sur la santé publique. Intégrer ce biomarqueur dans les bilans populationnels permettrait d’anticiper des vagues de morbidité et d’orienter la réglementation alimentaire. Fin de section — point suivant : ressources pratiques.
Ressources complémentaires et lectures : analyse EPA‑ALFDV, fiche EPA‑ALNMG, et pour explorer d’autres cas, article EPA‑MLINE.
Checklist rapide avant de faire le test
- 📅 Vérifier que le laboratoire propose un dosage d’acides gras érythrocytaires.
- 💶 Prévoir un budget ≈ 90 € et demander précisions sur l’échantillon (sang total vs plasma).
- 📝 Apporter historique médical et liste de compléments pris récemment.
- 🔬 Prévoir un suivi à 3–6 mois pour vérifier l’efficacité des interventions.
Une démarche organisée maximise l’utilité du test et évite les interventions non ciblées. Fin de section.
Qu’est‑ce que le ratio AA/EPA et pourquoi le mesurer ?
Le ratio AA/EPA compare deux acides gras clés : l’acide arachidonique (AA) et l’EPA. Il reflète l’équilibre entre voies pro‑inflammatoires et résolutives. Mesurer ce ratio aide à évaluer la propension d’un individu à développer une inflammation chronique et à ajuster les interventions nutritionnelles ou thérapeutiques.
Comment interpréter un ratio élevé ?
Un ratio élevé (par exemple >6–8) signale un excès relatif d’acides gras pro‑inflammatoires. Cela peut se traduire par une cicatrisation lente, une plus grande susceptibilité aux maladies chroniques et une réponse inadéquate aux inflammations aiguës.
Peut‑on corriger son ratio sans médicament ?
Oui. Les stratégies incluent l’augmentation d’apports en EPA/DHA (poissons gras, compléments de qualité), la réduction des sources d’oméga‑6 industrielles, l’activité physique et la gestion du stress. Un suivi biologique permet d’ajuster la démarche.
Ce test est‑il remboursé ?
En général, ce test n’est pas systématiquement remboursé par les assurances de base. Son coût tourne autour de 90 € selon le laboratoire. Certains cabinets spécialisés ou complémentaires peuvent proposer des forfaits incluant le test.