Covered call : quand ça sous-performe fortement.

découvrez pourquoi la stratégie du covered call peut parfois sous-performer significativement et comment y remédier pour optimiser vos investissements.

La stratégie du covered call séduit de nombreux investisseurs particuliers, séduits par la promesse d’un revenu complémentaire via la prime d’option. Pourtant, sa compréhension est souvent incomplète, et cette stratégie peut sous-performer de façon notable, surtout dans certains contextes de marché. La tentation de percevoir facilement des revenus réguliers peut masquer les risques liés au rendement limité et aux éventuelles pertes en cas de retournement du marché. Cet article dévoile les mécanismes réels du covered call, les situations où il déçoit, ainsi que les précautions d’usage pour mieux analyser et comprendre cette technique d’investissement.

En bref :

  • Le covered call consiste à vendre des options d’achat sur des actions détenues, générant une prime d’option.
  • Cette stratégie réduit le risque mais plafonne aussi la performance, notamment en phase de forte hausse.
  • Elle peut sous-performer drastiquement dans un marché baissier ou très volatile.
  • De nombreuses erreurs fréquentes freinent l’efficacité de cette technique, comme le mauvais choix d’échéance ou de sous-jacent.
  • Analyser la stratégie requiert d’examiner les primes d’option, la volatilité et la tendance boursière.

Comprendre clairement la stratégie du covered call en bourse

La stratégie du covered call, ou appel couvert, se caractérise par la détention directe d’actions, sur lesquelles un investisseur vend simultanément des options d’achat (calls). Concrètement, le détenteur perçoit une prime d’option en échange d’un engagement de céder ses actions à un prix fixé (le prix d’exercice) si l’option est exercée. Cela crée une source de revenu complémentaire tout en maintenant une position en actions dites couvertes.

Par exemple, un investisseur détient 100 actions d’une société cotée à 50 € et vend un call avec un prix d’exercice à 55 €, encaissant une prime de 2 € par action. Si le cours reste inférieur à 55 € jusqu’à expiration, il ne perd pas ses titres, et la prime représente un gain supplémentaire. En revanche, si le prix dépasse 55 €, ses actions peuvent être vendues automatiquement à ce prix, limitant donc la plus-value potentielle.

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Une confusion courante est de voir le covered call comme une simple technique pour générer du rendement. En réalité, elle agit comme une sorte d’assurance avec une rendement limité, ce qui peut impacter fortement les résultats en cas de forte hausse ou de mouvement violent des marchés.

Mécanismes clés et fonctionnement du covered call en détail

Comment la vente d’options influence le prix des actions détenues

La vente d’options dans une stratégie covered call modifie les caractéristiques du portefeuille. La prime encaissée améliore le rendement global et offre une protection partielle contre les baisses modérées. Par exemple, avec une prime représentant 3 % de la valeur action, cette somme amortit les pertes jusqu’à un certain seuil.

Toutefois, cela cappe les gains lorsque les actions progressent au-delà du prix d’exercice des options vendues. Si le cours dépasse largement ce prix, à l’échéance, l’actionnaire est contraint de céder ses titres, restant bloqué sur un rendement maximal défini.

Effets sur le risque, avec gestion partielle de la volatilité

Le covered call réduit le risque de baisse relatif par la prime encaissée, mais ne garantit pas une protection totale du capital. En périodes de forte volatilité, la volatilité implicite des options impacte fortement la valeur des primes : lorsque les marchés sont agités, les primes augmentent mais la valeur des actions couvertes peut chuter fortement, menant à une sous-performance.

Par exemple, dans un marché baissier prononcé, la perte sur les actions peut excéder la prime encaissée, générant un résultat négatif pour l’ensemble de la position.

Impact global sur la performance de la stratégie covered call

Par construction, la stratégie limite la performance à la somme de la plus-value maximale possible (prix d’exercice – prix d’achat) et de la prime. Cette performance est souvent inférieure à celle de stratégies purement directionnelles ou d’investissement en actions seules lorsque le marché connaît une nette tendance haussière.

En revanche, en marchés stagnants ou légèrement baissiers, le covered call peut offrir un rendement supérieur grâce à la collecte régulière des primes, mais reste sensible à des retournements brusques et à la sous-performance liée aux coûts d’opportunité des gains manqués.

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Avantages et limites de la stratégie covered call en contexte boursier

  • Avantages : source de revenu récurrent par les primes d’options, atténuation partielle du risque de baisse, amélioration du rendement dans un contexte stable ou modérément baissier.
  • Limites : plafond de rendement important, risque de devoir céder des actions en cas de hausse nette, pertes possibles en cas de marchés très volatils ou baissiers, complexité d’analyse et d’exécution.
  • Cas problématiques : marchés fortement haussiers où la stratégie sous-performe net, marchés très baissiers où les primes ne compensent pas les pertes.

Principales erreurs des investisseurs utilisant le covered call

  • Mauvais calibrage des prix d’exercice : souvent trop proches du cours actuel, risquant l’exécution prématurée des actions.
  • Coincidence d’échéances : vendre des options avec des échéances inadaptées, trop courtes ou trop longues.
  • Ignorer la volatilité : ne pas tenir compte des fluctuations de la volatilité alors que celle-ci conditionne fortement les primes.
  • Sous-estimer le risque de sous-performance en phase de hausse, liée au plafonnement des gains.
  • Omettre la gestion active : ne pas ajuster sa position en fonction du marché et de la dynamique du sous-jacent.

Ces erreurs proviennent souvent d’une compréhension incomplète des interactions entre primes, volatilité et performance boursière. Elles peuvent être contournées par une analyse rigoureuse des conditions de marché avant de mettre en œuvre la stratégie.

Analyser une stratégie covered call : indicateurs et sources d’informations pertinentes

Pour évaluer la pertinence d’un covered call, plusieurs indicateurs doivent être pris en compte :

  • La prime d’option relative au prix de l’action, pour évaluer la rémunération attendue.
  • La volatilité implicite des options, qui influence fortement la prime.
  • Le prix d’exercice choisi, qui définit le plafond de gain et le risque de cession.
  • La tendance et la dynamique du marché sous-jacent (analyse technique et fondamentale).
  • Le contexte macroéconomique, qui impacte le comportement des investisseurs et la volatilité.

Ces informations sont accessibles via les plateformes de courtage, rapports financiers, et données publiques sur les marchés d’options.

Covered call : quand ça sous-performe fortement

Prime d’option (% de la valeur action)
Volatilité implicite
Performance maximale plafonnée

Source : données fictives illustrant les relations clés dans la stratégie Covered call.

Utilisation différenciée du covered call selon le profil investisseur

Investisseur long terme

L’investisseur patrimonial peut voir dans le covered call une technique d’optimisation des revenus sur un portefeuille d’actions stables, à condition d’accepter un plafond aux plus-values. L’enjeu est d’ajuster les prix d’exercice sur plusieurs exercices pour limiter les risques d’exécution à contretemps.

Investisseur passif avec ETF

Pour un investisseur passif, la stratégie est peu compatible avec une gestion d’ETF classique. En effet, les ETFs ne permettent pas directement la vente d’options sur les titres sous-jacents, et les couvertures doivent être réalisées via d’autres produits structurés, complexifiant la démarche.

Investisseur actif

L’investisseur actif trouve dans le covered call un terrain de jeux pour générer des revenus réguliers en naviguant entre volatilité et tendances sectorielles. Cette approche requiert cependant une activité de suivi et d’ajustement de son portefeuille, afin d’arbitrer entre différentes échéances et sous-jacents.

Impact PEA vs CTO

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) offre un cadre fiscal avantageux mais limite le nombre d’instruments accessibles. Les options sur actions éligibles au PEA peuvent être utilisées mais doivent respecter certaines règles, ce qui peut restreindre la flexibilité de la stratégie par rapport au Compte-Titres Ordinaire (CTO), plus ouvert aux produits dérivés.

Questions courantes sur la stratégie covered call dans des contextes volatils

Le covered call convient-il en marché fortement haussier ?

La stratégie plafonne les gains et donc peut sous-performer nettement dans un marché haussier marqué, où la plus-value simple serait plus attractive.

Quelle est l’importance de la volatilité dans le choix des options ?

La volatilité conditionne la prime et donc le revenu espéré ; une volatilité élevée augmente la prime mais aussi le risque de mouvement défavorable du sous-jacent.

Peut-on protéger totalement son capital avec le covered call ?

Non, la prime d’option offre une protection partielle mais ne garantit pas la préservation totale du capital, notamment en marché baissier.

À quelle fréquence doit-on ajuster ses positions ?

L’ajustement dépend du profil et des conditions du marché ; une surveillance régulière est recommandée pour réagir aux évolutions de prix et de volatilité.

Le covered call est-il adapté aux petits portefeuilles ?

Cette stratégie nécessite souvent un nombre minimum d’actions (souvent 100 par call) ce qui peut limiter son accessibilité pour les petits portefeuilles.

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